« On se retrouve à nouveau tous confinés et c’est absolument nécessaire. Le CNPA a compris la décision prise par les pouvoirs publics, nous la saluons, même s’il y aura de lourdes conséquences pour la filière », prévient Francis Bartholomé, président du Conseil nationale pour les professions de l’automobile (CNPA), à l’occasion d’une visioconférence organisée par ses soins le 4 novembre 2020.

Le reconfinement, un 2e coup dur pour l'automobile

Comme il l’a rappelé, après avoir signé une reprise d’activité « de bonne qualité » entre les mois de mai et de septembre 2020, grâce aux aides de l’Etat et à l’assainissement des stocks VN et VO, ce qui a redonné de la trésorerie aux entreprises du secteur, le confinement saison 2 est un deuxième coup dur à encaisser. Mais Francis Bartholomé note quelques différences contrairement au premier, avec la permission d’ouvrir pour les ateliers, de livrer des véhicules ou de procéder au click and collect« L’évolution ne sera pas sans complication, appuie le dirigeant. Nous pouvons rester ouverts au public, dans un certain cadre, mais quand vous avez le droit d’ouvrir, il faut aussi s'assurer que les clients viennent vous voir. Je pense que les automobilistes ne vont pas consommer autant que l’on souhaite. Le commerce accuse déjà des signes de faiblesses avec un nombre de commandes qui s’affaiblit et les ateliers ne tournent qu’à 80% de leur activité liée à l’entretien et la réparation, les rendez-vous commençant aussi s’annuler ». 
 

Francis Bartholomé, président du CNPA
Francis Bartholomé, président du CNPA

Selon le dirigeant, ce reconfinement est en apparence moins radical, mais présente tout de même des incohérences qu’il faut rapidement gommer quant à la fermeture de certaines activités. « Une majorité de métiers est à ce stade autorisée à recevoir du public grâce aux actions du CNPA, mais il reste encore certaines zones d’ombre sur les auto-écoles, stations-service... Il faut que les pouvoirs publics ajustent leur stratégie et méthodes, face à une pandémie imprévisible. Le CNPA reste dans ce contexte particulièrement inquiet du surrégime réglementaire et fiscal auquel est soumise la filière automobile, et exhorte les pouvoirs publics à ne pas casser le moteur de l’automobile en France »

Pour éviter toute sortie de route et donner plus de perspectives au secteur des services de l’automobile et de la mobilité, le CNPA va participer à une réunion de comité stratégique de la filière avec la PFA et en compagnie de plusieurs ministres, le 6 novembre 2020.

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Rouvrir les showrooms, sauver les stations-service

L’organisation patronale y plaidera en priorité une clarification des règles et la réouverture de certains commerces : 

-le CNPA défend la réouverture des showrooms. Francis Bartholomé a bien entendu souligné qu’il fallait respecter les décisions liées à la fermeture administrative des concessions, mais il portera un dossier à ce sujet dont le but serait de classer les établissements en ERP5 (réception du public mais avec une densité faible). Ce qui permettrait aux distributeurs de rouvrir leurs showrooms dans une limite de 10m2 accordée par client, comme ont été autorisés à le faire les distributeurs en Allemagne il y a peu. 
« Cette variation ERP5 est déterminante », affirme-t-il. Selon lui, le click and collect va sauver les livraisons de véhicules déjà commandés avant le confinement, mais elles devraient rapidement s’essouffler d’ici à fin novembre. Cela ne pourra pas compenser l’activité commerciale puisqu’il ne représentera que « 5% de la clientèle de conquête des opérateurs », autant dire une minuscule part des leads. 

-le CNPA milite également pour le cas des loueurs de courte durée, trusté d’incohérences. Le syndicat est parvenu a intégrer la LCD dans le plan de soutien au tourisme, mais « l’enchevêtrement de textes depuis le premier confinement fait qu’aujourd’hui, il est difficile de s’y retrouver. La situation demeure sous haute tension, il faut que les acteurs bénéficient du chômage partiel et de fonds de solidarité. Il y a un problème avec des têtes de réseaux souvent étrangères. L’enjeu de la LCD comprend aussi des répercussions inévitables sur les constructeurs et le verdissement du parc »

-le CNPA pose aussi le problème des auto-écoles et des stations-service. Pour la première activité, là encore les textes ne sont pas clairs sur les examens du permis et les cours (parfois dans la même voiture !), « cela est différent et ne peut pas conditionner les conséquences sur la fermeture ou non des entreprises », commente Francis Bartholomé. Pour la seconde activité, le cadre réglementaire est illogique aussi : la vente d'alcool leur est interdite alors que la grande distribution, qui propose du carburant, en vend. « Ces produits représentent 40 % du chiffre d'affaires d'une station-service, hors carburant ».

Moins de fiscalité pour l'auto

De nombreux autres sujets sont aussi dans les cartons. Lors de cette réunion extraordinaire, le CNPA veut également aborder le PLF 2021 pour tenter de reporter les sujets autour de la fiscalité comme le malus, la taxe au poids, etc. « Notre premier objectif est de confirmer la bonne tenue de ce plan d’aides, y compris pour l’aval de la filière. Nous demandons aussi officiellement que 2021 soit une année blanche concernant les taxes pour laisser un peu respirer la filière et ne pas complexifier davantage le commerce auto », conclut Francis Bartholomé.